LETTRE DE BALTHAZAR (40)

de New York (NY) à Plymouth (Massachussetts)

du Lundi 28 Août 2011 au Vendredi 9 Septembre 2011

IRENE s’est éloigné laissant ce Lundi matin un ciel limpide et sans vent. Toni, électronicien, ancien des Coast Guards, homme énergique et sympathique arrive à l’heure dite de Long Island, malgré les embarras de la circulation à travers New York et les ponts sur l’East River puis sur l’Hudson River, avec un outillage impressionnant, le câble de l’antenne du radar et un compagnon.

Le câble est rapidement connecté en volant à l’antenne et à l’électronique du radar installée dans le petit placard à côté de la console instruments pour faire les essais. Caramba ! Aucun progrès : l’antenne tourne mais toujours aucun écho. Une tentative désespérée de déchargement puis rechargement du logiciel du calculateur du radar ne donne rien. Tony démonte rapidement et embarque l’électronique pour l’expédier chez Furuno sur la côte Ouest. Nous rejoindrons en bateau ses quartiers, Manhasset Bay sur Long Island, d’ici la fin de la semaine, où nous retrouverons Toni et, j’espère, l’électronique et le calculateur du radar (un seul gros équipement) réparées par Furuno. Toni qui rêve pour sa retraite prochaine de partir naviguer en bateau avec sa femme et trouve BALHAZAR magnifique me console en m’expliquant que BOAT cela signifie, quand une panne survient, BrOken, Another Thousand (dollars) !

En attendant profitons de New York ! Nous franchissons très rapidement l’Hudson River pour rejoindre Manhattan soit par un ferry voisin de notre marina, soit par le PATH, un métro tout neuf et tout proche qui passe dessous en tunnel. Marches par un temps superbe dans les rues et avenues de la grande cité. Broadway, l’avenue des Amériques, Times Square sont toujours aussi vivants et animés. Voici Central Park où les New Yorkais ou touristes très nombreux font la bronze au soleil sur des greens impeccables. Cela me fait plaisir de retrouver cette ville exceptionnelle en bonne forme. Quand j’y venais très fréquemment dans les années 80 les rues étaient en mauvais état, les trottoirs étaient sales, les yellow cabs étaient des guimbardes, une impression de déclin et de ville à la dérive prévalait.

Nous ne manquons pas d’aller relire le superbe credo de John D. Rockefeller que l’on devrait débattre dans nos écoles, credo figurant sur une large plaque de bronze dominant le café en contre bas du gratte ciel Rockefeller, café transformé l’hiver en patinoire. Quel bel hymne à la liberté et à la responsabilité ! Nos petits enfants iront le lire après demain. Trouvez le sur Internet et méditez le.

Mercredi en fin d’après midi nous retrouvons Christophe et sa famille. Il se sont installés dans un appartement de la 47th Street W le Lundi 29, Maurice et Dany (Lambelin) étant arrivés (sans bagages qu’ils récupéreront le lendemain soir) ce jour là comme prévu, via Montréal, mais sans bagages, malgré la pagaille qui règne encore à la suite de la fermeture ces deux jours derniers de tous les aéroports de New York. Christophe a pris des billets pour « The Adams Family », excellente comédie musicale, complètement déjantée mais hilarante et bien enlevée. Les Américains excellent dans ce genre. A la sortie nous nous retrouvons tous les dix à quelques pas de là à Times Square, bondé de monde. Des écrans gigantesques escaladent les façades des gratte ciel et transforment cette place trapézoïdale en spectacle multimédia tout azimut ahurissant. Nous profitons de cette chaude ambiance et de cette scène quelque peu irréelle, confortablement assis sur des gradins en verre éclairés en rouge par au-dessous, Laure commençant à s’endormir sur mes genoux.

Nous revoilà Jeudi matin par un temps superbe à une encablure de la statue de la Liberté, après avoir appareillé il y a un court moment de notre Liberty Harbor Marina. Combien de millions d’émigrants (plus de douze millions répertoriés de 1892 à 1924) ont pleuré d’émotion et de joie en l’apercevant avant de débarquer à Ellis Island, l’île voisine où un grand bâtiment les recevait pour faire les contrôles sanitaires (et de police) et éventuellement y subir une quarantaine. Ils arrivaient de pays ravagés par la famine, la misère, les guerres ou les dictatures et y retrouvaient l’espoir de refaire leur vie et de se créer un avenir. La statue symbolisait pour beaucoup la fin de l’oppression. Ellis Island, sa voisine, est devenu un véritable lieu saint ; près de cent millions d’américains, soit environ 40% de la population, auraient un parent passé par ici ! C’est le cas de Toni dont le Grand Père sicilien de la région de Trapani a débarqué ici au début du siècle dernier.

La statue, dessinée par Bartholdi (allez visiter sa maison si vous passez par Colmar, cela vaut la peine), fut construite par Gustave Eiffel et les ateliers Gaget-Gauthier. Financée par une souscription nationale elle fut offerte par la France comme symbole de son important soutien à l’indépendance des Etats-Unis. Son inauguration en grande pompe en 1886 donna lieu à une anecdote amusante. Ce jour là, dans une belle opération de communication, la société Gaget-Gauthier distribua des miniatures de Miss Liberty. Les gens se battaient pour en avoir une. On s’interrogeait : « Do you have your Gaget » ? Dans la bouche des américains le mot « gadget » était né.

Grand virage et cap sur Battery Park et l’East River en laissant au loin sur tribord le pont géant de Verrazzano enjambant les Narrows, passage relativement étroit (à l’échelle américaine) entre l’upper bay et la lower bay de New York. Puisque nous en sommes à évoquer l’histoire savez-vous qui était Verrazzano ? C’était un navigateur et explorateur d’origine italienne que François 1er avait pris à son service sous le nom de Jean de Verrazane pour, notamment, explorer la côte atlantique des Etats-Unis actuels, des Carolines au Maine. Il reconnut en particulier le premier le site de New York. De là à dire que c’est François 1er qui a découvert l’Amérique….Comme beaucoup d’explorateurs de cette époque il mourut d’une mort violente en 1528, dévoré par les cannibales peuplant à l’époque certaine îles des Antilles.

Poussé par un puissant courant de marée de plus de deux nœuds BALTHAZAR file sous les ponts reliant Manhattan, qui défile à bâbord, à Brooklyn à tribord. Voici déjà dans un virage à l’Est d’East River, Harlem River, en fait un bras qui relie l’Hudson river à l’East River, qui sépare l’île de Manhattan du Bronx et du continent. A tribord c’est maintenant Queens qui défile. La verdure se fait plus généreuse et les maisons plus cossues, annonçant Long Island. Pat, le copain de Toni, manager de la Manhasset Bay Marina nous a réservé une place (par 40°50’N et 73°42’W) dans une des premières baies de la côte Nord de Long Island. La métropole s’est éloignée. Nous nous trouvons dans un joli cadre de verdure sur une côte découpée aux baies profondes. Nous retrouvons ici l’ambiance du yachting en Bretagne (l’eau s’est maintenant refroidie à une vingtaine de degrés) avec de nombreux voiliers de sortie pour le grand week-end du Labor Day.

Toni a récupéré l’électronique du radar ce Vendredi et Samedi matin il est là avec son fils et le compagnon de l’autre jour comme promis. Après avoir bataillé car la prise d’interconnexion en pied de mât était également endommagée voilà une superbe image du radar pleine d’échos des bateaux environnants qui apparaît.

Ouf de soulagement. Je ne l’avais plus revue depuis Rio Grande do Sul il y a près de 6OOO milles. La cartographie qui marchait mais avec une grande lenteur quand on changeait d’échelle ou déplaçait le curseur a retrouvé sa vitesse normale. Nous pourrons affronter les brouillards de la côte du Maine et de Terre Neuve ou les glaces du Groenland avec des yeux électroniques requinqués. Merci Toni ! A 16h nous appareillons aussi sec pour Millford, sur la côte du Connecticut où nous mouillons bien abrités derrière Charles Island à la tombée de la nuit.

Ce Dimanche 4 Septembre le Spinnaker est de sortie, BALTHAZAR arborant fièrement sa grande bulle colorée dans le Saint des Saints de la voile aux Etats-Unis où nous naviguons maintenant. Nous nous dirigeons en effet vers Mystic que nous atteindrons ce soir. Les voiles se multiplient et on se croirait en baie de Quiberon un week-end. La côte est verte et très découpée. Nous pénétrons dans une profonde indentation dans la Mystic River. De superbes maisons la bordent, entourées de greens impeccables. Quelle belle habitude ont les Américains de ne pas mettre de murs entre leurs propriétés. C’est au milieu de beaux parcs boisés que les résidences sont disséminées. Voilà Mystic Harbor installé sur sa rive gauche. Pas de place dans l’étroite zone de mouillage encombrée de nombreux bateaux mouillés sur coffres. Nous allons accoster à la Brewer Yacht Marina à un ponton libre qui s’offre à nous, l’office de la marina étant fermé en cette fin de journée. Encore une place à 180$ la nuit !

Le lendemain matin nous partons en zodiac visiter le fameux Mystic Seaport Museum, où l’ancien port est encore maintenu et préservé, en activité, pour le plaisir des marins qui le visitent. A quai deux superbes goélettes rappellent la grande époque de la marine à voile. Un grand yacht de la fin du 19 ième siècle dévoile ses vernis resplendissants en même temps qu’une petite cheminée de sa chaudière à vapeur. Dans un chantier ouvert aux visiteurs on restaure un célèbre baleinier, dernier vestige pieusement conservé et en cours de restauration, pièce unique parait-il aux Etats-Unis. Des panneaux très bien faits illustrent l’histoire de la construction au début du 19ième siècle de cette goélette robuste qui partaient pour des campagnes d’une à deux années dans les mers très dures où se pêchaient les baleines. Ce sont les baleiniers qui les premiers ont fréquenté notamment, peu après les premiers explorateurs, la péninsule Antarctique d’où revient BALTHAZAR. On y apprend qu’il coûta à son armateur 130.000$ de 1820 pour sa construction, une somme équivalente fut dépensée après sa première campagne de pêche (il y a eu de la mise au point !) mais qu’ensuite, à l’âge d’or de la pêche à la baleine chaque campagne rapportait en moyenne 160.000$ au temps où l’huile de baleine éclairait les grandes métropoles et où les baleines soutenaient les corsets et autres robes à crinoline de ces dames. Mais l’entreprise était à risques : on considérait que si un baleinier survivait aux tempêtes et risques de la navigation sa durée de vie moyenne était d’une vingtaine d’années. On y apprend également que, telles les cellules de notre corps qui meurent et se renouvellent, il fallait remplacer régulièrement les bordés et autres pièces de bois attaquées par les tarets qui y creusent de véritables tunnels. Plus loin on visite une ancienne fabrique de cordages, on passe devant une voilerie pour voir un petit vapeur appareillant chargé de touristes. Mais embarquons sur ce trois mâts à flots où un grand gaillard barbu fait hisser à une vingtaine de touristes (et quelques professionnels) arque boutés en ligne sur la drisse qui court sur le pont la lourde vergue qui déploie une bonnette. Sa voix de stentor entonne un des chants de l’époque indispensables pour mobiliser et synchroniser les efforts individuels.

Mais l’heure est déjà venue de rejoindre BALTHAZAR pour appareiller avec le jusant et mettre le cap sur Newport. Marche paisible au largue dans une brise solaire pour arriver dans la Mecque de la voile américaine. C’est ici qu’arrivent ou c’est d’ici que partent les fameuses courses Newport-Bermudes, les courses en solitaire OSTAR, les régates de Maxis, La régate de voiliers classiques, les essais des coursiers de l’Admiral’s Cup, la course croisière du New YorkYacht Club et bien d’autres évènements. Mais c’est l’America’s Cup qui a laissé sans doute l’empreinte la plus forte (et donné son nom à l’avenue principale) : les essais des challengers et des defendants ainsi que les courses elles-mêmes ont dominé pendant de nombreuses décades l’actualité de ce site extraordinaire de Rhode Island. Arrivant à la nuit tombante nous allons respectueusement rejoindre au mouillage dans la rade très abritée quantité de bateaux, des plus modestes voiliers aux sloops équipés de mâts immenses à quatre étages de barres de flèche, de fins 12m JI, de maxi yachts…

Débarquement à la nuit en zodiac au fond d’une des marinas du front de mer. L’équipage escalade gaillardement la grille (heureusement peu élevée) dont nous ignorons le code et part se promener sur la Main Street et l’America’s Cup Avenue. Dîner simple dans une taverne mais très bonne salade de lobster. Rien à voir avec St Tropez ou Cannes. La petite ville est simple, sans beaucoup de chichis, les maisons ne sont pas ostentatoires ; ici c’est le vrai sport de la voile qui domine même si les Maxi Yachts à moteur ne sont pas totalement absents.

Rotation du vent de 180° la nuit et vent frais à grand frais au mouillage. En me levant de nuit pour vérifier que les bateaux rapprochés évitent avec BALTHAZAR sans risques de contact j’ai la surprise de voir les bateaux voisins moteur en route face aux rafales de vent et de pluie, équipiers en cirés prêts à manœuvrer. On ne va quand même pas s’affoler pour des rafales qui n’excèdent pas 35 nœuds ! Au dodo. Il est vrai que BALTHAZAR dispose d’un mouillage dimensionné et validé pour des vents de 60 nœuds (quand le fond est de tenue correcte, ce qui est le cas), ça aide à dormir quand les haubans sifflent !

Appareillage le lendemain matin par un temps pluvieux et venté, cap sur Marion dans le Connecticut. Etape côtière au près bon plein puis au près serré. A la fin le vent continue à refuser et nous terminerons au moteur appuyé par les voiles pour éviter à Anne-Marie, dont c’est le dernier jour de croisière cette saison, de prolonger l’étape dans la nuit en tirant de longs bords dans une mer hachée et ébouriffée par le vent prenant à rebrousse poil le courant de marée qui vide Buzzards Bay. Un long et étroit chenal nous fait pénétrer, dérive presque complètement relevée, dans le joli site champêtre de Marion où nous mouillons sur coffre. Nous voilà dans le Massachussetts.

Anne-Marie nous quitte en forme ce Mercredi matin 7 Septembre, quelque peu anxieuse quand même de savoir comment elle rejoindra l’aéroport de Boston pour y prendre en fin de journée son avion. Mais un taxi vient la chercher à 10H30 dans un chantier où je l’ai amenée en zodiac par un temps de crachin et elle aura tout le loisir de déguster un fish and chips à l’aéroport où elle est arrivée six heures avant le décollage !

Le golfe du Maine est fidèle à sa réputation. Il nous cueille à la sortie du Cape Cod Canal (qui permet de couper le très long isthme incurvé vers le NNW que forme ce cap) par un solide brouillard réduisant la visibilité à une cinquantaine de mètres. Ce n’est pas pour rien que je ne voulais pas quitter New York sans un radar opérationnel ! Marche à la voile fantomatique cap au Nord vers Plymouth, tous nos yeux électroniques en route et nos oreilles en état d’alerte. Un bruit de machine d’abord très faible puis progressivement plus fort arrive sur notre arrière et se rapproche. Mais le radar nous permet de suivre l’approche du navire par son gisement et sa distance, l’AIS nous indique sa vitesse, sa route, sa longueur et son point de passage le plus proche de nous, l’Activ’Echo couine en même temps qu’il grossit notre image sur son radar, pas de souci nous voyons qu’il nous a vu, infléchit légèrement sa course et passe à 300 mètres sur notre bâbord sans que nous l’apercevions. Le radar est aussi bien précieux pour embouquer le chenal étroit par fort courant traversier entre deux immenses bancs de sable qui forment un goulet donnant accès à la baie totalement protégée de Plymouth. Il permet en effet de repérer les bouées et valider ainsi le bon calage des cartes par rapport à la position donnée par le GPS. Une erreur d’une trentaine de mètres et ce serait le plantage assuré dans le brouillard sur un banc de sable. Dans le chenal qui nous conduit au port la visibilité s’améliore quelque peu mais une pluie forte accompagnée de rafales de vent s’installe.

A 16H45 nous accostons un ponton de la marina et chantier de cette ville historique. Nous nous trouvons en effet par 41°57’N et 70°40’W à deux encablures du roc surmonté d’une sorte de mausolée à colonnes grecques où 102 immigrants, hommes, femmes, enfants ont débarqué le 21 Décembre 1620 amenés par un navire marchand, affrété par eux, le MAYFLOWER, parti de Plymouth en Angleterre 66 jours avant. C’était une sorte de Caravelle à peine plus grosse que celle de Christophe Colomb, dont une réplique construite en Angleterre et arrivée ici en 1957, le MAYFLOWER II, se trouve à trois encablures.

Jeudi 8 Septembre il pleut des trombes d’eau et le vent est de la partie ; à peine IRENE partie, KATIA se pointe au large et nous fait bénéficier de ses perturbations. Allons (en cirés !) au Pilgrim Hall Museum. Nous apprenons l’histoire de ces immigrants et nous comprenons mieux pourquoi, alors qu’il y avait déjà des implantations d’immigrants en Virginie, à Chesapeake et que cette région de Nouvelle Angleterre était fréquentée par des bateaux anglais, essentiellement de pêche (ils ont été accueillis par un chef indien possédant des rudiments d’anglais) depuis près d’un siècle, ils sont devenus une icône nationale et les forefathers de la nation américaine. Les plaques d’immatriculation des voitures de cet Etat affichent d’ailleurs fièrement la devise « Massachussets, the Spirit of America ». C’est que dans leur histoire les américains veulent y retrouver leurs valeurs fondamentales :

- La FOI (In God we trust) : ces Pilgrims sont un groupe de croyants fondamentalistes qui ne croyaient qu’à la Bible et rejetaient non seulement l’église romaine mais aussi l’église anglicane. A cette époque ils étaient donc hors la loi et ont dû quitter l’Angleterre avant que cela ne se termine mal. Ils se sont installés aux Pays- Bas, alors un des rares sinon le seul pays européen tolérant la LIBERTE de culte. Ils y restent une vingtaine d’années mais craignent le retour dans ce pays de l’oppression et de l’intolérance espagnole et craignent de voir leurs enfants s’éloigner de leurs croyances et traditions austères. Ils se soucient en effet beaucoup de leur EDUCATION. Ils décident alors de partir et de CREER leur propre avenir dans le Nouveau Monde. Ils reviennent donc en Angleterre pour obtenir une patente du Roi les autorisant à immigrer en Virginie et y affrètent un navire marchand, le MAYFLOWER, pour les y conduire.

- Au cours de leur navigation ils débattent de leur avenir et de LA LOI qui les gouvernera. Ils décident de rester un groupe UNI alors que des dissensions apparaissaient fondées sur un problème juridique : la patente est en effet destinée à les autoriser à s’installer en Virginie mais les hasards de la navigation (200 milles d’erreur sur l’atterrissage !) les amènent au Cap Cod et il est trop tard pour rebrousser chemin et revenir en Virginie alors que les provisions s’épuisent et que l’hiver avance. Certains voulaient se rendre quand même en Virginie mais la majorité et son chef font preuve d’INDEPENDANCE et décident de s’installer dans cette région en fondant Plymouth. Ils rédigent un « Compact » qui est une charte de leur communauté dont certains voient, avec exagération, la préfiguration de la Constitution Américaine, Compact dont nous voyons le parchemin émouvant d’origine.

- Au cours de leurs 66 jours de navigation ils affrontent avec COURAGE des conditions de vie très difficiles dans ce navire de fret où rien n’est prévu pour transporter des passagers, dans un volume excessivement restreint pour recevoir 102 personnes et 25 hommes d’équipage.

- Quelques mois après leur implantation ils pactisent et signent un traité de PAIX avec le chef des tribus indiennes locales.

- Malgré une mortalité considérable la première année (un sur deux survivent un an après, une gravure émouvante montrent les silhouettes et les noms de chaque immigrant, famille par famille, la même gravure montre un an après les mêmes silhouettes mais blanches pour celles représentant les disparus) les naissances arrivent et la colonie amorce son développement grâce à la pêche, à la chasse, à l’agriculture et au commerce avec l’Angleterre et l’Europe (notamment de fourrures). Ils remercient Dieu en fêtant, en compagnie des Indiens habitant la région, les Wampanoags, leur première récolte. Le Thanksgiving, devenu un grand jour de fête nationale commémorant les forefathers, leurs valeurs et celles de la famille, était né. Seule la dinde a remplacé le gibier et les poissons qui agrémentaient la première table.

Durant la guerre d’Indépendance certains indépendantistes se saisissent de leur exemple comme symbole du premier acte d’indépendance vis-à-vis de la couronne britannique et des valeurs du nouveau peuple américain. L’icône nationale était née.

Ce Vendredi 9 Septembre le soleil est revenu mais le passage de KATIA à quelques 300 milles au SE de Nantucket expédie sur les côtes de ce qui fut la Nouvelle Angleterre une très grosse houle de 4m, créant d’énormes vagues déferlantes sur les remontées de fond.

Demain, en même temps que KATIA s’éloignera vers le centre de l’Atlantique Nord en y créant « a huge and intense storm » comme l’annonce le bulletin de la NOAA (espérons que repris par la circulation générale des dépressions dans l’Atlantique Nord cette très grosse tempête n’atteindra pas nos côtes françaises comme cela arrive parfois), la houle faiblira et nous mettrons le cap directement sur la Nouvelle Ecosse et Halifax en traversant le golfe du Maine.

Aux parents et ami(e)s qui nous font la gentillesse de s’intéresser à nos aventures nautiques.

Equipage de Balthazar : Jean-Pierre et Anne-Marie, Maurice et Dany (Lambelin)